Suite à une soirée dans des contrés lointaines, je me remémore qu’un jour, j’ai écrit un texte qui parlait de la boisson mais qui est resté inédit du grand public. Dans une crise d’ego encore plus violente que d’habitude, je me décide à vous le livre et à le commenter plus de 9 ans après.
Pour faire simple je ferais précéder « Laurent 2009 » les commentaires fait aujourd’hui, en plus de mettre les dits commentaires en italique. Alors si après, vous ne comprenez pas, je ne sais plus quoi faire.
Janvier 2000 22h30
La boisson
En ces temps de fête, j’ai vu beaucoup de gens picoler et se droguer en fumant des pets.
Laurent 2009
Vous notez l’étrange euphémisme sur la manière de se droguer. Laurent 2000 devait se dire à l’époque que cela choquerait de mettre simplement se droguer. Ah jeunesse…
Ces deux actions tendent vers le même but, se déchirer la gueule me dit-on. Oui mais sans argot, ça veut dire quoi ? S’oublier ? Passer à un état de conscience tel que l’on peut tout se permettre ? Bizarre !
Laurent 2009
Incroyable ! Laurent 2000 a alors 22 ans et déjà se pose des questions et coupe les cheveux en quatre pour le plaisir. J’adore !
Les gens ont besoin de l’alcool ou de l’herbe pour pouvoir se sortir d’eux mêmes. L’esprit humain peut-il être un tel carcan, une telle prison ? A-t-on besoin de substances qui déconnectent le cerveau pour rire, s’amuser, se lâcher toute une soirée. Quel manque de contrôle sur soi. Non pas de contrôle, de maîtrise.
Laurent 2009
Ce que fait remarquer Laurent 2000 et la conclusion qu’il en tire, sont le cœur de la question. Tout est dans le contrôle. Je ne comprends toujours pas pourquoi il faut absolument se déconnecter pour se permettre des choses. N’y aurait-il pas derrière tout ça un vieux relent d’éducation genre le bien, le mal. Ce type d’éducation qui nous dit comment nous comporter sans nous dire pourquoi se comporter comme ça. Et si l’on refusait de se contenter d’un « c’est comme ça » pour faire les choses.
C’est comme si « se déchirer » la gueule autorisait à faire ce qu’on ne peut faire à jeun. Mais si au moins c’était vrai, si on allait vraiment au-delà des tabous, au hasard le sexe, au lieu de se contenter de vaguement être plus bruyant que d’habitude. Si les règles de la société étaient vraiment transgressées, là ce serait amusant et je viendrais plus souvent dans les soirées dites “de débauche” ou le pire que l’on puisse voir, c’est un mec vomir son dîner.
Je pense que l’on peut déconner très fort, s’extérioriser, se lâcher sans absorber de produits chimiques, frelatés ou fermentés. Pourquoi aujourd’hui tous les jeunes (à exception près) et les moins jeunes parfois ont besoin d’alcool pour y arriver. Peut-être à cause de l’interdit qui empêche cela jusqu’à la majorité. Les gens prennent ça pour une preuve de maturité. Je suis adulte donc je peux, donc je dois, donc je bois. C’est ridicule. Le vrai pouvoir c’est de pouvoir et de ne pas faire.
Laurent 2009
Mis à part cette dernière citation très pompeuse et honteusement volée à Mitterrand, Laurent 2000 émet une hypothèse sur la raison de ce goût pour « la défonce ». C’est certes un bon point de départ, mais il manque de profondeur. Car finalement c’est parce que les gens n’ont pas le contrôle de leur vie qu’ils aiment se déconnecter. Pour oublier un instant tous leurs soucis. Car ils ont des soucis. Après tout qui n’en n’a pas. Mais ils les prennent au sérieux. Le voilà le secret, ne rien prendre réellement au sérieux. Et là plus besoin de décompresser, car plus de stress.
Je trouve, en plus que cela leur donne l’air tous semblables. De la Rochelle à Champigny en passant par la Lorraine, ils font tous pareils. Quel ennui et moi je voudrais que cela se passe autrement et je ne peux pas, donc j’achète de l’alcool pour mes soirées. Mais je vais m’arrêter, je parle trop de moi.
Laurent 2009
Sur cette conclusion un peu triste, Laurent 2000, dans une acuité peu commune nous rappelle qu’effectivement, rien ne ressemble plus à un mec/ une nana bourré qu’un autre mec/ nana bourré. Et que dans notre pays, l’alcool est un signe de convivialité ne doit pas nous rendre fier. Et s’il est vrai que même moi, en 2009, je continue à acheter de l’alcool quand je fais des soirées, je reconnais me plier à un rite de société absurde et sûrement inventé par des moines complètement torchés à la chartreuse.
Coup de bol, je n’aime pas le vin et me fait encore remarquer dans les soirées grâce à cette particularité. Ne t’inquiètes pas Laurent 2000, je ne t’ai pas trahi.