Ce titre, que seuls les petits cochons noctambules connaissent, pourrait être celui résumant les infos cette semaine. Dès que j’ouvre un journal ou ma télé, on me parle de “sado maso”, de “combinaison en cuir”, de “strangulation érotique” ou autres jeux rigolos. Et après on vient s’étonner que les gosses d’aujourd’hui trouvent leur éducation sexuelle dans le porno.
Non mais vous avez vu à quoi leurs parents s’amusent ?
Mais étrangement, pas de mort chez nos amis sans calvitie et pas encore bedonnant. Il faut croire qu’en matière de « fouette moi la bobinette et je te mettrais une pince électrique sur ta chevillette », les quadras, quinquas ou autres sont moins compétent.
Entre David Carradine (paix à son cintre) qui s’amuse en bon touriste sexuel qui se respecte, dans les pays pauvres, avec des vrais dollars et des vraies femmes locales prêtes à vendre leur unique et dernier possession, à savoir leurs corps, dans une saine démarche capitaliste et de libre concurrence et Edouard Stern, assez idiot pour, habiller comme une drag queen un soir d’Halloween à San Francisco, se faire ligoter volontairement par une femme jalouse et lui expliquer ou est rangé le pistolet familial, vous avouerez que nos mâles en plein force de l’âge sont complètement cons !
Le sado-masochisme, dont l’origine des termes évoque respectivement un français et un autrichien, et chance c’est le français qui fait mal et l’autrichien qui subit, est il un effet de mode ? Je ne pense pas.
D’abord parce que le SM est un sport de riche. Le pauvre se fait marcher dessus toute la journée par son patron qui, sous menace de délocalisation, le sous-paye et le délocalise quand même, son assureur qui lui extorque le reste de son maigre salaire pour assurer une voiture pourrie rangé dans un garage d’une maison encore plus merdique et même ses hommes politiques qui lui promettent de tout nettoyer à l’allemande et finalement voyagent au Mexique avec une cochonne sans attraper la grippe du cochon. Donc le pauvre, le soir quand il retrouve le triste lit conjugal et sa femme triste aussi n’a aucune envie de se faire cogner dessus, même avec des ustensiles, et ne prendra aucun plaisir à frapper sa femme. S’il le fait c’est pour montrer au moins à une personne dans la journée qu’il n’est pas le sous humain qu’on veut bien croire.
Le riche, lui, s’ennuie. Car soit c’est papa qui est riche et du coup, le fils ne fait rien ou alors il supplée papa dans ses fonctions au sein de l’Ump. Donc quitte à s’emmerder comme ça, faut s’émoustiller donc on rigole avec ses copains copines à s’attacher, à se fouetter, à goûter un petit peu de malheur et s’imaginer : « Qu’être pauvre, ça doit être dur ». Si le riche est riche lui-même suite à de juteuses affaires de détournement, de truandages, bref de business digne de notre ami acteur Bernard Tapie, ce riche là à tout fait, tout vu, tout entendu. Plus rien ne le fait bander au propre comme au figuré, alors reste la douleur et la mort.
Si on imagine mal le « beauf » dans sa Ford tunning aux couleurs de l’idole Hallyday en train de se faire tatanner les fesses par une virago sur maquillée, il est en revanche plus probable d’imaginer le « bobo » beigbedéien se faire attacher au lit signé par Stark à l’aide d’un carré de soie Hermès.
Aimer se faire du mal nécessite d’avoir bon gout.
De mon côté, je suis assez douillet donc finalement peut amateur de mauvais traitement en tous genre. Et puis, comme le disait un écrivain que les bobos lisent sans le comprendre vraiment, dans le SM il n’y a plus de contact direct, peau contre peau. C’est l’anti érotisme absolu finalement.
En tous cas, si vous voulez passer d’un côté ou de l’autre du fouet et de la pince, mettez un costume ça passera mieux.